VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ASSOCIATION

Vingt ans déjà que "La Double en Périgord" existe. Peu avant sa création, Denis Soulié, directeur du CAUE, nous écrivait : "Oui ! Un exemplaire au moins de l'architecture doubleaude doit être préservé ! Oui ! Il est excessivement urgent de le tenter!" Ce coup de pouce institutionnel permettait à l'association naissante de se sentir confortée dans sa démarche d'animation de ce territoire. Sans ce courrier de soutien, nous n'aurions jamais rien osé entreprendre! L'association démarrait ses activités, et les premiers financements étaient apportés par le Lions-Club de la Double. Que les premiers acteurs de ce projet, suivis depuis par tant d'autres, au premier rang desquels le Conseil général, aujourd'hui propriétaire des lieux, soient ici remerciés

CORINNE MARACHE & PHILIPPE RALLION
Association "La Double en Périgord"


QUEL DEVENIR POUR LE PARCOT?

Avec ses 46 hectares de terres, prairies, forêts, étangs et ses constructions à pans de bois, maisons d'habitation, granges, remises, le Parcot est l'un des rares domaines ruraux de la Dordogne à être protégé au titre des sites naturels et des Monuments historiques. Mais sa valeur de témoin emblématique de l'architecture doubleaude ne suffit pas à faire du Parcot une destination culturelle et touristique à part entière. Pourquoi, comment, que faire pour inverser cette tendance ? Telles sont les questions auxquelles le projet d'aménagement architectural et paysager du Parcot se doit de répondre.

LUDOVIC PIZANO
Conservateur du Patrimoine


NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS

Dominée par la forêt, la Double a favorisé l'essor d'une architecture en pan de bois. Mais la surexploitation des futaies a bouleversé l'équilibre de ce territoire en y multipliant des landes insalubres, foyers de paludisme. Assaini au 19, siècle par le drainage et la plantation de pins maritimes, l'espace doubleau s'est ouvert sur l'extérieur. Les constructions en pierre et en brique ont alors pris le pas sur l'art de bâtir traditionnel dont on observe les derniers témoins menacés de disparition. L'étude de cette architecture montre-t-elle, contrairement aux idées reçues, que la Double fut victime de ses richesses?

LINE BECKER & VINCENT MARABOUT
Chargés de mission

BIENVENUE AU PARCOT

C'est le tournage d'un épisode du téléfilm "L'ennemi de la mort" au Parcot qui a fait prendre conscience à Abel Guionneau que sa ferme avait une valeur patrimoniale. Célibataire sans enfant, il en a fait don. Cet étonnant personnage avait la passion de l'électricité. On dit même qu'il éclairait deux de ses pièces une partie de la nuit, pour illusionner le voisinage sur l'importance de ses activités .1 il donnait ainsi dans sa vie la place au jeu et au spectacle. On peut donc imaginer qu'il aurait été enchanté qu'un artiste magnifie par la lumière sa ferme et son environnement à la fois si paisible et si frémissant de vie.

BRIGITTE BERTIN
Animatrice du sitec


PLEINS FEUX, REGARD VIDE

Les apports du progrès passent aussi par nos campagnes, c'est un bien ! On a pourtant l'impression que beaucoup reste à faire ou à refaire ! il nous faut ainsi cacher aujourd'hui ce poteau électrique qu'on arborait hier avec fierté, de même, l'éclairage public semble parfois déplacé dans des contextes authentiques...
Repousser la nuit est une évidence dans une société sécuritaire qui recherche "l'urbanité" et l'on conçoit aisément que la lumière triomphe de l'obscurité mais l'éclairage campagnard impose de la retenue, pour préserver, dans un clair-obscur propre au génie des lieux, la notion de "ruralité" qui nous est chère...
La mise en lumière par Phillippe Cotten du domaine du Parcot à l'occasion du XXe anniversaire de l'association "La Double en Périgord" est une démonstration de résonance entre un lieu et un éclairage qui le revisite de façon signifiante, L'année où les journées Européennes du Patrimoine mettent l'accent sur la création, cet exemple d'investissement élémentaire sur un site doit nous donner à réfléchir...

GERARD DUHAMEL
Architecte directeur du CAUE


UN SITE À REVIVRE

Depuis plus de quinze ans, CozTen revisite sous un jour contemporain le patrimoine architectural et naturel, dans ses dimensions à la fois historiques, esthétiques et imaginaires. Quand il investit un lieu, celui-ci retrouve son identité, dévoile sa mémoire et reprend ainsi une place, souvent oubliée, aux yeux d'un public immédiatement captivé par cette relecture scénographique suggestive et émotionnelle. Comme s'il accomplissait un voyage au milieu d'espaces changeants et de climats intemporels, le spectateur éprouve tour à tour des émotions contrastées, et découvre, reconstruit ou imagine les différentes parties constitutives du site, qui semble reprendre vie.

PHILIPPE COTTEN
Réveilleur de sites